2.2  les systèmes interactifs

Un système interactif est une application informatique qui prend en compte, au cours de son exécution, d’informations communiquées par le ou les utilisateurs du système, et qui produit, au cours de son exécution, une représentation perceptible de son état interne (Beaudouin-Lafon, 1997).

Un système interactif est généralement composé de deux parties : l’interface utilisateur et le noyau fonctionnel (figure 2.1). L’interface utilisateur est constituée des éléments logiciels et matériels qui sont mis en œuvre lors de la capture des entrées de l’utilisateur et lors de la restitution des sorties du système. Le noyau fonctionnel représente le système de traitement et de stockage de l’information.

Figure 2.1 : Décomposition d’un système interactif

Il est possible de modéliser un système interactif suivant plusieurs points de vue, selon que l’on s’intéresse au domaine de l’application, à l’architecture logicielle ou aux aspects ergonomiques et cognitifs entrant en jeu dans l’utilisation du système. La figure 2.2 reflète différentes approches que l’on peut avoir d’un système

Figure 2.2 : Modélisations d’un système informatique interactif. Les flèches indiquent les relations de dépendance de chaque modèle (tiré de (Baudel, 1995))

Chacun des modèles présentés correspond à une vue que peut se former un observateur en fonction de son rôle dans l’élaboration.

  • Le commanditaire du système est principalement préoccupé par l’activité (ou la tâche) que le système aidera à effectuer.
  • Le concepteur de l’application a pour objectif de spécifier un système logiciel correspondant au modèle de l’activité.
  • Le concepteur de l’interface propose une représentation des objets et des méthodes d’interaction efficaces et compréhensibles pour l’utilisateur, en fonction de l’application (modèle conceptuel) et du système informatique utilisé (modèle d’interaction).
  • Enfin, l’utilisateur utilise un système en fonction de ses connaissances du domaine (activité) et du système (modèle d’interaction et modèle conceptuel de l’application).

Posons maintenant la terminologie de ce domaine.

L’Interaction et l’Interface Homme-Machine

L’interaction homme-machine désigne l’ensemble des phénomènes physiques et cognitifs qui interviennent dans la réalisation de tâches avec le concours de l’ordinateur.

L’interface homme-machine désigne un assemblage de composants logiciels et matériels qui permet l’accomplissement de tâches avec le concours de l’ordinateur.

Les composantes de l’interaction homme-machine sont :

  1. L’utilisateur
  2. accomplit une tâche
  3. dans un contexte particulier
  4. en utilisant un système informatique.

Quelques définitions de la communication multimodale

Les définitions qui font référence sont le fait de (Coutaz et Caelen, 1991).

Mode de communication :
D’après le petit robert, un mode est une norme particulière sous laquelle se présente un fait, s’accomplit une action. En grammaire, le mode est un trait dénotant la manière dont le locuteur présente le procès (on dit plus couramment action). Du point de vue système, un mode représente l’état dans lequel le système s e trouve à un moment donné. Un mode fait référence aux cinq sens de l’être humain : le toucher, l’ouïe, la vue, l’odorat, le goût (réception d’information), et aux différents moyens d’expression humains : le geste, la parole (émission d’information). Il définit la nature des informations servant pour la communication (mode visuel, mode sonore, mode gestuel etc.) .
Modalités :
Une modalité est une forme concrète particulière d’un mode de communication. Par exemple, le bruit, la musique, la parole sont des modalités du mode sonore.
Média :
Dans la vie courante, un média désigne un support d’information (journal, disque audio...). En informatique, un média peut également être un support (vidéodisque, CD-ROM...), mais actuellement, par extension, il désigne le dispositif physique qui acquiert ou qui diffuse l’information : un écran vidéo, un système de synthèse de parole... Dans un sens large, les médias désignent les différents périphériques d’ordinateur (plutôt non conventionnels) qui permettent la communication, en entrée comme en sortie.
Communication multimodale :
une communication est dite multimodale si elle fait intervenir plusieurs modes de communications dans les échanges d’information. Cependant, en informatique, ce qualificatif s’applique également pour les communications ne faisant intervenir qu’un seul mode mais avec plusieurs modalités.
Système multimodal :
théoriquement, un système informatique multimodal est un système capable d’intégrer plusieurs modes de communication. Cependant, on désigne également par ce nom tout système capable d’intégrer plusieurs modalités de communication (même s’il n’intègre qu’un seul mode).
Multimodalité :
le terme de multimodalité fait référence à l’usage de plusieurs modalités pour la réalisation d’une même tâche.
Multimédia :
un système informatique multimédia est un système capable d’acquérir et/ou de restituer, par l’intermédiaire des médias, des informations de natures et/ou de formes différentes (parole, musique, image vidéo, etc.).

Ces trois notions sont dépendantes les unes des autres. En effet, à un mode correspond un ensemble de modalités et à une modalité est rattaché un ensemble de média permettant son expression.

Exemple : La modalité « Vibration » s’exprime par exemple sur le médium « Vibreur » et fait appel au mode Tactile .

Les interfaces informatiques actuelles : les interfaces WIMP

Dans le champs de recherche de l’Interaction Homme-Machine (IHM), l’acronyme WIMP signifie Windows, Icons, Menus, Pointing pour fenêtres, icônes, menus et pointage. Il s’agit des interfaces graphiques que nous utilisons le plus souvent devant un ordinateur. Les interfaces WIMP ont été imaginées et développées au Xerox PARC en 1973 et ont été popularisée avec le Macintosh en 1984.

En anglais populaire, le terme WIMP est couramment utilisé pour insulter les personnes qui manquent de force et/ou de courage. Cet usage était courant avant l’arrivée des interfaces graphiques. Maintenant, il arrive que WIMP soit utilisé d’une manière dénigrante, en particulier par les personnes qui préfèrent les interfaces traditionnelles comme les interfaces à ligne de commande.

On parle enfin d’interface POST-WIMP pour les interfaces qui se basent sur d’autres paradigmes d’interaction (van Dam, 1997).