3.5  Conclusion

Il est donc apparu que le retour de force pouvait améliorer les performances, mais dans des cas peu applicables à des situations complexes : une seule cible haptiquement augmentée. Dans le cas d’une multiplication des cibles potentielles, le retour haptique devient même un facteur de perte de performances. Dans notre cas, les temps de pointage ont augmenté de 23% lorsque l’écran est compétement rempli de distracteurs haptiques.

Nous avons proposé ici un retour de force adaptatif, calculé en fonction de la vitesse courante du pointeur. Les performances s’améliorent alors de 6,5%.

Pour aller plus loin, nous pouvons imaginer tester d’autres adaptation dynamiques des forces, basées sur l’accélération du curseur, par exemple. De plus, nous pourrions tester des zones d’attirance englobant plusieurs cibles, et ce, de manière à éviter au curseur de tomber dans une mauvaise cible.

Notons que dans un contexte d’accessibilité, l’intérêt de l’utilisation de dispositifs à retour de force a déjà été prouvé, par exemple auprès de personnes handicapés moteurs (Keates et al., 2002).

Au final, cette étude nous a permis d’étudier la partie action du mode haptique, et plus précisément les gestes déictiques (McNeill, 1992). Dans tout ce chapitre, en effet, il s’agissait d’utiliser une souris à retour de force dans un registre classique pour une souris : le pointage. Le retour de force essayant d’améliorer la vitesse de pointage.

Dans la seconde partie de cette thèse, nous allons passer aux gestes épistémiques de (Cadoz, 1994), c’est à dire aux gestes effectués pour prendre des connaissance du monde extérieur. Ce sont ces gestes, et leurs retours de forces associés, qui vont nous permettre d’envisager une utilisation de la modalité haptique, dans un but d’accessibilité des personnes non-voyantes aux documents numériques.