4.3  L’accessibilité : définitions

The power of the Web is in its universality. Access by everyone regardless of disability is an essential aspect. Tim Berners-Lee, l'inventeur du World Wide Web

L’accessibilité par Tim Berners-Lee, directeur du W3C et inventeur du World Wide Web

Mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quel que soit leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales. L’accès à l’information et à la communication est un droit universel. Le web est devenu un média majeur, et il se doit d’être accessible à tous sans discrimination. Concevoir dans le cadre du design for all (conception pour tous), c’est anticiper sur les usages, répondre à une logique de développement durable et surtout, utiliser la technologie dans le respect des individualités.

L’accessibilité par Denis Chêne, France-Télécom R&D

Être accessible c’est avant tout permettre l’accès. L’accès aux informations (documents, nouvelles, bases de données) ; l’accès aux échanges, qu’il s’agisse des échanges en terme de communication (audio, vidéo, texte...) ou des échanges de biens de consommation (achats divers, gestion monétaire...). Mais, être accessible c’est aussi permettre l’utilisation, car rien ne sert d’accéder si l’on ne peut utiliser. Consulter , c’est bien, mais faire , c’est mieux. La richesse du numérique, c’est sa malléabilité. La malléabilité permet en effet de reformuler les données échangées de façon à correspondre à chaque type d’utilisateur et de situations. Il existe en effet de nombreux types d’utilisateurs différents, qui accèdent à l’information de façons diverses, selon des contextes variés (absence de visibilité, d’audition, de motricité, de compréhension). Rendre l’information et les échanges accessibles, c’est optimiser, pour chaque individu, pour chaque contexte d’usage, l’acquisition, la production, et la manipulation d’informations et d’éléments pouvant être atteints sur ou via le web. La richesse du web c’est son gigantisme. D’aucun diront qu’il est impossible, sur une telle masse, de gérer toutes les individualités et tous les contextes, et que ’faire du spécifique’ est coûteux et peu rentable. Certes, mais l’objet n’est justement pas de faire du spécifique, mais du générique qui puisse servir à tous, sans exception. Ce faisant, l’accessibilité est moins coûteuse : l’araignée gagnera à tisser une toile solide plutôt qu’une toile fragile aux nombreuses rustines ; et plus rentable : davantage d’utilisateurs pourront y accéder dans plus de contextes d’usages. Au final, l’accessibilité résulte d’une conception pour tous . Or, la richesse de l’être humain, c’est sa diversité.

La Web Accessibility Initiative (WAI) du World Wide Web Consortium (W3C)

Le World Wide Web Consortium, abrégé W3C1, est un consortium fondé en octobre 1994 pour promouvoir la compatibilité des technologies du World Wide Web telles que HTML, XHTML, XML, CSS, PNG, SVG et SOAP. Le W3C n’émet pas des normes, mais des recommandations.

Le consortium laisse le soin aux fabricants de suivre les recommandations. Contrairement à l’Organisation internationale de normalisation ou d’autres corps internationaux de standardisation, le W3C ne possède pas de programme de certification, et beaucoup de standards ne définissent pas formellement un niveau de conformité. Ils sont ainsi souvent implantés partiellement.

Concernant l’accessibilité, le W3C a créé des recommandations à travers le projet WAI (Web Accessibility Initiative) en 1996. Ces recommandations s’adressent à tous les distributeurs de contenu numérique par Internet : navigateurs, documents HTML, logiciels d’édition de HTML, logiciel du publication de site Web créant le code HTML.

Les recommandations de la WAI actuellement en vigueur sont :

  • les Authoring Tool Accessibility Guidelines (ATAG) qui posent les règles d’accessibilité pour les outils d’édition.
  • les Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) qui montrent comment créer des documents Web avec un contenu accessible aux utilisateurs souffrant de handicaps.
  • les User Agent Accessibility Guidelines (UAAG), enfin, posent les règles pour l’accessibilité des agents utilisateurs.

On pourra se référer aux annexes, pour plus de détails.

Autres aspects de l’accessibilité

L’accessibilité n’est pas une fonctionnalité, mais bien un processus (une méthode) que l’on intègre tout au long du cycle de vie d’un projet. Pierre Guillou (responsable de la cellule accessibilité de l’association BrailleNet)

Accessibilité: notre positionnement


Nous nous positionnons pour une accessibilité au sens large. Il s’agit d’une approche visant à étendre la démarche d’accessibilité au delà d’un public spécifique. En employant l’illustration du <<qui peut le plus peut le moins>>, concevoir un site Web accessible pour une personne non-voyante, rendra ce site Web plus simple d’usage pour l’ensemble des utilisateurs. La problématique de cette thèse traite de l’utilisation de dispositifs à retour de force en matière d’accessibilité, à priori pour les personnes souffrant d’handicap visuel; maintenant, quand nous proposerons des solutions techniques utilisables spécifiquement par des personnes handicapées, les concepts utilisés, et les solutions techniques retenus peuvent (et doivent) être reprises dans des contextes plus larges; dans des situations où le sens de la vue serait mobilisé sur une autre tâche, par exemple.


Nous allons cependant passer en revue ce qui a déjà été réalisé spécifiquement pour des personnes souffrant d’un handicap visuel, en matière d’accessibilité, et mettant en œuvre des dispositifs haptiques. Nous retiendrons que ces approches peuvent être reprises sans public spécifique, avec une interaction augmentée par le sens haptique.


1
W3C : http://www.w3.org